Obligation légale, délais, frais, enregistrement et conséquences de son absence : tout ce que propriétaires et locataires doivent savoir.
L'état des lieux est probablement le document le plus sous-estimé de toute la relation locative. On le signe rapidement, souvent le jour du déménagement, dans l'agitation générale, et on le ressort deux ou trois ans plus tard, quand la garantie locative est en jeu et que les souvenirs de chacun divergent.
Pierson Florian, expert agréé IPI, et Delahaut Adrien, expert immobilier, interviennent en Wallonie et à Bruxelles pour réaliser ce constat dans les règles de l'art.
Depuis la loi fédérale du 25 avril 2007, un état des lieux détaillé et contradictoire est obligatoire pour tout bail d'habitation en Belgique. La matière a ensuite été régionalisée : en Wallonie, c'est le décret du 15 mars 2018 relatif au bail d'habitation qui l'impose (article 27) ; à Bruxelles, c'est le Code bruxellois du Logement (article 220). Trois adjectifs, trois exigences communes aux deux régions :
L'état des lieux d'entrée doit être dressé :
Ces délais ne sont pas indicatifs. Un état des lieux dressé six mois après l'entrée perd l'essentiel de sa force probante : comment savoir si la tache sur le parquet date d'avant ou d'après l'arrivée du locataire ?
L'état des lieux doit être enregistré gratuitement avec le bail auprès du SPF Finances, dans les deux mois de la signature. Cette formalité incombe au bailleur pour un bail de résidence principale.
L'enregistrement n'est pas un simple formalisme : un bail enregistré est opposable à un futur acquéreur du bien. Sans enregistrement, le locataire peut par ailleurs mettre fin au bail sans préavis ni indemnité.
La règle est sévère pour le propriétaire : le locataire est présumé avoir reçu le bien dans l'état où il se trouve à la fin du bail. Autrement dit, sans état des lieux d'entrée, il devient pratiquement impossible de réclamer une indemnisation pour des dégâts locatifs.
Cette présomption peut théoriquement être renversée, mais la charge de la preuve pèse alors entièrement sur le bailleur, qui doit démontrer par d'autres moyens l'état initial du bien, un exercice difficile en pratique.
Les parties peuvent le rédiger elles-mêmes. En pratique, elles font le plus souvent appel à un expert, pour trois raisons : la neutralité, la précision technique et la recevabilité du document. Si les parties ne s'entendent pas sur le choix de l'expert, chacune peut saisir le juge de paix, qui en désignera un.
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L'obligation légale vise les baux d'habitation. Pour un bail commercial, il n'est pas imposé, mais il est vivement recommandé : les enjeux financiers y sont souvent plus importants encore.
Oui, par un avenant signé des deux parties. C'est utile lorsqu'un défaut est découvert peu après l'entrée dans les lieux.
Des photos seules ne constituent pas un état des lieux. Elles doivent accompagner une description écrite, datée et signée. En revanche, un descriptif sans photos est nettement moins efficace en cas de litige.
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